Disparu d’Europe il y a trois cents ans, l’ibis chauve (Geronticus eremita)  est aujourd’hui considéré en « danger critique d’extinction » par l’UICN (Union Internationale pour la Protection de la Nature), avec une population sauvage estimée à seulement de 116 couples en 2015.

Les dernières colonies européennes ont disparu les unes après les autres. Les populations subsistantes les plus importantes se trouvent  désormais sur la côte atlantique marocaine et encore jusqu’il y a quelques années entre la Turquie et la Syrie. Or les récents événements ont décimé la population de cette région.

 Les raisons du déclin de l’Ibis chauve sont multiples, avec en tête la conversion de pâturages extensifs en cultures céréalières ou maraîchères, l’utilisation intensive de pesticides par l’agriculture conventionnelle, l’urbanisation des sites de nidification et enfin le braconnage sur les zones d’hivernage ou le trajet migratoire. C’est un animal qui était migrateur, mais qui maintenant ne bouge plus beaucoup.

À côté de cela, la population captive est stable et viable.  On estime qu’il y en a plus de 1200 dans les volières des différents parcs animaliers européens. Cette réussite a permis de passer une nouvelle étape de la protection de cette espèce : la réintroduction dans son milieu naturel.

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Proyecto eremita

L’idée du Proyecto eremita, lancé en 2003 par le Zoobotanico de Jerez en Andalousie, était d’implanter une colonie qui ferait le lien entre le continent européen et la population marocaine, pour permettre des échanges génétiques.

Les sites retenus pour le projet répondent aux besoins physiologiques de cet oiseau et sont semblables aux biotopes retrouvés sur le littoral atlantique marocain.

L’Espagne et les parcs animaliers européens se mobilisent pour sauver cette espèce de l’extinction. Le parc de Clères soutien ce projet en envoyant régulièrement de jeunes ibis nés au parc vers l’Espagne.

Après quelques mois passés dans une grande volière d’acclimatation, ces grands oiseaux au bec courbé retrouveront la liberté et leur milieu naturel. Cela permet de stabiliser la population et d’habituer les oiseaux à ce nouvel environnement. Un grand relâché à lieu au printemps et les oiseaux se mêlent alors aux individus sauvages.

Bien que ces sites soient relativement préservés des menaces qui pèsent sur cette espèce, les oiseaux relâchés restent sous la surveillance constante d’une équipe espagnole. Désormais, une 100ène d’oiseaux sont déjà installés dont certains nés de couples réintroduits !

De très nombreuses actions de sensibilisation auprès des populations locales continuent d’être menées pour impliquer les andalous au projet et d’autres projets de réintroduction sont en cours ou à l’étude, notamment en Autriche, en Italie et en Algérie.