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(Collège St Ignace – Jean Delacour est assis au premier rang deuxième place en partant de la droite)

Né en 1890 à Paris, Jean Théodore Delacour est issu d’une riche famille d’industriels, propriétaire de nombreux domaines, tant à Paris que dans le nord de la France. Il reçoit une éducation classique et en 1900 entre au collège chez les Jésuites. Là il côtoie les enfants des familles aisées de la capitale et fait la connaissance du Prince Paul Murat qui deviendra son plus fidèle ami et son associé. C’est dans la propriété de son grand-père à Villers-Bretonneux, près d’Amiens, qu’il développe, pendant ses vacances, sa passion pour l’ornithologie et la botanique, en créant serres et volières.

En 1908, il entreprend des études de botanique à l’université de Lille. Parallèlement il commence à voyager et fréquente les milieux scientifiques et des arts en Europe. C’est à cette époque, en 1910, qu’il devient Président de  la Ligue de Protection des Oiseaux, la LPO,  tout en continuant à développer ses collections à Villers-Bretonneux. Après le service militaire, il entame des études de zoologie à la Sorbonne et fréquente assidument le Muséum national d’Histoire naturelle, dont il deviendra, chercheur associé et correspondant.

Avec la Première Guerre mondiale, ses projets seront momentanément détruits, puisque le domaine familial sera rasé par les offensives du printemps 1918.
Jean Delacour cherche alors une propriété avec plan d’eau et bâtiments anciens et jette son dévolu sur le domaine de Clères qu’il achète l’été 1919. En un an il remet la propriété en état, creuse l’étang, construit des volières, répare et décore le château. En même temps, Avray Tipping, un architecte paysager anglais, agence le parc pour recevoir oiseaux et mammifères. Bientôt, les animaux évoluent en liberté. La collection d’oiseaux était très importante puisqu’elle a regroupé jusqu’à trois mille spécimens répartis en cinq cents espèces. Clères devient un centre d’attraction, non seulement pour les naturalistes, mais aussi pour les amateurs de la nature et des arts.

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Cette période de l’Entre-deux-guerres constitue aussi l’une des plus intenses périodes d’activité scientifique pour Jean Delacour qui voyage beaucoup, dirige des expéditions scientifiques dont les plus célèbres concerneront l’ex-Indochine française d’où il ramène des milliers de spécimens, certains nouveaux pour la science. Elles donneront lieu à la publication de dizaines d’articles et de livres scientifiques. Il devient, à la même époque, correspondant des plus importants musées d’histoire naturelle du monde (Paris, Londres, New York, Chicago, etc.).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean Delacour part aux Etats-Unis, le château est réquisitionné par les allemands.

Au sortir de la guerre, l’état des collections est désastreux.  Les oiseaux ont tous été chassés pour être mangés. Le parc a subi l’impact de plusieurs bombes et les bâtiments ont servi d’hôpital militaire aux alliés.
Jean Delacour supporte mal le choc de cette deuxième perte  et ecrit qu’il préfère prendre du recul avant de revenir au domaine. Le directeur du parc, Fooks met en oeuvre la réouverture du lieu.

La reconstruction permet une réouverture dès 1947 avec un appel à souscription pour la sauvegarde du site.
De New-York où il travaille au zoo du Bronx, puis de Los Angeles où il occupe le poste de Directeur du Muséum d’histoire, de science et d’art, il va continuellement se tenir informé de l’état du parc de Clères et envoyer régulièrement des oiseaux.

Durant cette période, il publiera de nombreux ouvrages majeurs pour la recherche ornithologique.

A partir de 1960, il prend sa retraite et s’installe à Clères qu’il cède au Muséum National d’Histoire Naturelle en 1966.

Il meurt en 1985 à Los Angeles.