Grue demoiselle de Numidie

(Photos – Pierre Demeure et Anne-Gwenaël Perio)

Informations

– Nom scientifique : Anthropoides virgo

– Classe : Oiseaux

– Ordre : Gruiformes

– Famille : Gruidés

– Habitat : Prairies herbeuses, steppes, savanes (proches de zones humides)

– Localisation géographique : Afrique du Nord, Asie centrale, Inde, Sud-Est de l’Europe

– Taille : 90 à 100 cm. Envergure : 165 à 185 cm.

– Poids : 2 à 3 kg

– Espérance de vie : 20 à 25 ans dans la nature. Jusqu’à 30 ans en captivité

– Reproduction : 27 à 29 jours d’incubation. 2 œufs

– Régime alimentaire : Omnivore (plantes, herbes, céréales, légumes, fruits, insectes, petits vertébrés et invertébrés)

Description

La grue demoiselle de Numidie est la plus petite des grues mais probablement l’une des plus gracieuses. Cette espèce se distingue par sa tête entièrement emplumée, et l’absence d’une plaque de peau nue, caractéristique des autres espèces, remplacée par une calotte d’un blanc-grisâtre. Son plumage est d’un gris uniforme. Le cou, les côtés de la tête, les pattes et la longue bavette pectorale, qui tombe sur la poitrine, sont noirs. Les ailes grises se terminent également par des pointes noires. Derrière chaque œil, de couleur rouge, partent deux longs pinceaux de plumes blanches qui courent le long de la nuque. Le court bec de couleur olivâtre possède une extrémité rouge-orangé. Les jeunes sont gris pâle, avec la tête et le cou presque blancs et les yeux brun foncé. Le mâle et la femelle sont extrêmement difficiles à différencier.

La Grue demoiselle est un animal diurne, très sociable. Elle est également migratrice, bien qu’une petite population en Turquie semble être sédentaire. Dès la fin de l’Automne, elle quitte son aire de nidification habituelle, située en Asie Centrale et dans le Sud-Est de l’Europe, pour migrer en direction de l’Asie méridionale et plus particulièrement en Inde. Les vols migratoires comptent plusieurs centaines de grues, mais ce sont d’immenses rassemblements de plusieurs milliers d’oiseaux qui s’installent et se regroupent sur les aires d’hivernage. Lors de la saison de reproduction, vers avril-mai, chaque couple s’isole du groupe et reprend le chemin du lieu de nidification qui reste le même pendant plusieurs années. En général, les nids sont rudimentaires. Toujours établis à proximité d’un point d’eau, ils sont placés à même le sol, dans un endroit sec et caillouteux entouré de quelques brindilles, de racines ou d’herbes sèches. Pendant cette période, la grue demoiselle, pourtant grégaire, devient territoriale et défend vigoureusement son site. L’incubation est partagée entre les deux parents. Au moment de l’éclosion, le mâle, très agité, reste à proximité du nid et surveille les alentours. Certains ont été observés, simulant une blessure ou la mort, afin d’attirer l’attention des intrus hors du nid.

Les petits naissent gris, avec la tête brun clair. Ils sont alimentés par les deux adultes, qu’ils suivent très tôt après la naissance sur les zones de nourrissage proches. Leur croissance est rapide. Dès l’âge de deux mois, ils sont emplumés et presque de la taille des parents. À la fin de l’été, ils prennent leur envol mais restent au sein de la cellule familiale quelques temps, leur maturité sexuelle étant par contre assez tardive.

Conservation

La grue demoiselle possède une grande faculté d’adaptation aux milieux dans lesquels elle évolue. Cependant, elle est souvent considérée comme indésirable en Asie, principalement en Inde, où elle occasionne d’importants dégâts dans les cultures lors de ses migrations. Elle est donc fréquemment tuée ou chassée. En outre, les grues sont également menacées par la perte de leur habitat naturel, l’utilisation des pesticides dans les champs, la modification de leurs couloirs migratoires, la chasse et le commerce illégal. Heureusement, c’est une des espèces les plus communes en parc zoologique. Facilement acclimatable, elle se reproduit assez fréquemment. De plus, de nombreux programmes de protection ont été mis en place dans divers pays afin de protéger l’oiseau et son habitat. L’espèce n’est donc pas encore menacée et l’UICN l’a classé dans la catégorie « Préoccupation mineure ».