Un parc à l'anglaise au XIXe siècle

Le parc de Clères est avant tout un jardin. Le parc arboré a été créé bien avant le parc zoologique. C’est Hector de Béarn qui autour des années 1860, choisi de restaurer le château de Clères dont il venait d’hériter pour avoir le plaisir d’une demeure beaucoup moins éloignée de Paris que ne l’était son château de la Rochebeaucourt. Ces nombreuses restaurations conduites par l’architecte parisien Henri Parent vont créer une ouverture vers le sud et l’ouest laissant envisager la création d’un parc.

« Il est d’usage, en l’absence de renseignement précis, de penser que le tracé dès ce parc est dû à l’architecte Parent. Mais rien ne le prouve, d’autant que pour son château du Périgord la famille de Béarn fait appel à plusieurs jardiniers paysagistes, dont Rousseau et fils qui  réside à Bordeaux ou Masson à Vineuil, en région parisienne . Les plans alors établis quel qu’en soit l’auteur, font tous la part belle aux allées sinueuses et aux pièces d’eau. A Clères Hector de Béarn fait appel au jardinier Edouard Busigny que l’on retrouve dans les comptes pour les années 1864 à 1869. Il semble que Busigny ait souvent travaillé en association dans les parcs quand Parent en restaurait les demeures »

in Lise Auber, Jardins secrets, Les parcs et jardins du Département de la Seine-Maritime, Silvana Editoriale – Département de La Seine-Maritime, 2011

Plan du parc du château de Clères, repris par Edmond Spalikowsky, Collection Mairie de Clères.
Encore aujourd'hui, le tracé des chemins du parc correspond au plan du 19e siècle

Le parc arboré reprend les grands principes des parcs à l’anglaise du 18e siècle comme le Désert de Retz à Chambourcy ou le parc Jean-Jacques Rousseau à Emenonville. Ces grands domaines ont été réalisé en s’inspirant des parcs que l’on retrouve dans le sud de l’Angleterre et datant du 18e siècle comme Stourhead . Il s’agit d’un paysage contrôlé mais qui doit conservé un aspect naturel et encouragé les perspectives et les découvertes.

Au parc de Clères, les chemins sinueux entourant des bosquets d’arbres majestueux emmènent les visiteurs vers des points de vues remarquables sur le château ou le lac.

Quelques “fabriques” ou reposoirs, jalonnent le parcours pour permettre au promeneur une pause .

Quelques arbres du parc

Illustraton : Peggy Le Guern

Le lac

Creusé dans les années 1860, le lac est le but de la promenade de ce domaine.  Pour pouvoir créer cet étang et les jardins, le comte de Béarn négocie avec le préfet le déplacement de la route Montville-Clères qui passait à quelques mètres du château. En contre partie il cède des terres pour la construction de la ligne de chemin de fer entre Rouen et Dieppe. Le lac est alimenté par la rivière la Clerette qui prend sa source à Clères et qui se jette dans le Cailly un peu après Montville.

A l’origine deux iles ont été réalisées sur le lac. Jean Delacour redessinera les contours de l’étang au sud , dans les années 1920, créant deux îles supplémentaires où l’on voit aujourd’hui les maki cattas.

 

Vue du lac et des îles - Avril 2021 - Audrey Gendrin