Le château situé au cœur du zoo de Clères est un témoin de l’histoire de la Normandie

SIECLE XI

Depuis l’âge du Bronze, les hommes occupent ce territoire d’où jaillit la Clerette, petit cours d’eau affluent du Cailly. C’est au XIe siècle qu’une première mention du seigneur de clères est faite. Roger de Clères propriétaire du domaine et seigneur de nombreuses terres situées notamment dans l’Eure est un personnage important. Il est le frère de Osbern de Cailly, riche seigneur normand. Ordéric Vital, historien des ducs de normandie mention une escarmouche en pays de conches Roger de Tosny suzerain de Roger de Clères fut tué par le fils de son ennemi et voisin Onfroy de Vieilles vers 1035. Règlement de compte et vengeances. Le seigneur de Clères tue Robert le fils cadet d’Onfroy, et frère de Roger de Beaumont, dès lors il ne cessera de faire pénitence en cédant terres et bénéfices à des abbayes pour le salut de son âme.

SIECLES XII & XIII

Il est fait mention d’un seigneur de Clères dans les compagnons de guillaume le conquérant, or, les historiens ne s’accordent pas tous sur l’exactitude de cette mention.

SIECLES XIV & XV

A cette époque le château n’est pas décrit ni réellement mentionné, mais il est probable qu’un château à motte ait existé. En terre et en bois, ces fortifications étaient constituées d’une butte surmontée d’une structure en bois le tout entouré de fossés et de talus puis entouré d’une courtine et d’une basse-cour, également fortifiée.

Ces châteaux, nombreux en Normandie ont été remplacés au XIIe  siècle puis au XIIIe siècle par des structures en pierres, plus solides et nécessaires pour faire face aux différentes menaces (exemple le château d’Arques-la-Bataille (76), ou de Conche en Ouche(27)).  Le château de Clères fait vraisemblablement partie de cette typologie de château.

Durant la guerre de cent ans 1337 – 1453, le château de Clères est occupé par les anglais le chevalier John Grey en devient le capitaine. C’est un personnage important qui mena 35 hommes et 96 archers lors de la bataille d’Azincourt. À l’issu de la guerre de cent, les bourguignons ravagèrent les campagnes normandes et l’on estime que c’est à cette période que le « vieux château » fut particulièrement endommagé.

SIECLE XVI

Les ruines qui sont visibles aujourd’hui datent sans doute de cette époque, même s’il semble qu’elles aient été remaniées au XIXe afin de conserver un caractère romantique au parc.

Au XVIe siècle Georges III  puis Georges IV de Clères font les travaux nécessaires à la reconstruction du château. C’est de cette époque que date le corps de logis qui aujourd’hui est le château principal de Clères.

Jean Delacour, Mémoire d’un ornithologiste

« Les origines de Clères sont très anciennes et son histoire riche en événements. Jeanne d’Arc, prisonnière et en route vers Rouen, aurait, dit-on, passé une nuit dans le donjon et, au XVIème siècle, deux rois, Charles IX et Henri IV, ont dormi sous ses toits. Ce dernier y demeura deux semaines après la bataille d’Aumale, pour s’y remettre de ses blessures et y recevoir la belle Gabrielle d’Estrées. Le château-fort, de taille considérable, occupait l’emplacement des bâtiments actuels aussi bien que les terrains voisins. La ruine du donjon principal, encore imposante, une tour fortifiée, des sous-sols, les murs de l’arrière du manoir et quelques salles voûtées sont tout ce qu’il en reste aujourd’hui. Certains débris architecturaux remontent au XIème siècle, mais la plus grande partie datait, comme le château d’Arques, du XIIIème siècle.

Les bâtiments, à présent, forment un L autour de la Cour d’Armes. Le château lui-même, de style gothique flamboyant, rappelle l’élégance du Palais de Justice de Rouen. Il consiste en deux hauts corps de logis juxtaposés, de grès dur et de pierre, ornés de sculptures. Une partie des murs et les fondations datent du XIIIème siècle. L’aile occidentale, endommagée pendant la Révolution, a été restaurée au milieu du XIXème siècle alors que l’aile orientale, d’abord bâtie au XIVème siècle, fut remaniée en 1505. Un petit bâtiment, au-dessus d’une arche, relie le château à une longue terrasse surplombant la Cour d’Armes. Il était connu sous le nom de « Passage des Hauts et Puissants Seigneurs ». La terrasse est ornée de balustrades, de bassins et de statuettes, et plantée d’espèces rares, particulièrement de cactus et de plantes grasses qui y passent l’hiver sous la protection de châssis vitrés. Elle borde des constructions du XVème et du XVIème siècle, d’abord la Cohue, haute de trois étages, bâtie en grès, silex et briques, formant un curieux dessin. La justice y était rendue et on y gardait les archives. Suit une chapelle, puis le manoir, à la façade de pans de bois et de briques, toute rouge, s’appuyant à des murs et des tours fortifiées, certains datant du XIIIème siècle. Il se termine en une élégante tourelle octogonale et s’élève sur des voûtes du XIIIème siècle. Les seigneurs de Clères, comtes et barons, étaient puissants en Normandie et l’histoire locale est remplie de leurs hauts faits. Le premier aurait été, dit-on, Godefroy, bâtard de Richard ler, duc de Normandie: il était né en 920. Mais le château passa ensuite dans les mains de Osbert de Cailly, puis à la branche anglo-normande de la famille, les Clare-Pembroke, mais revint ensuite à la branche française. Il fut détruit, après bien des vicissitudes, en 1415, et rebâti peu après.

Les Seigneurs de Clères s’éteignirent dans la branche mâle à la fin du XVIIème siècle, et le domaine passa, après alliance, aux Fontaine- Martel, puis aux Béthune-Charrost et enfin aux Béarn. Il fut restauré par le Prince de Béarn en 1855. »